Il y a quelques jours, nous nous sommes rendus au 23ème étage du Sillon de Bretagne pour admirer la vue magnifique sur Nantes, et (surtout) pour interroger Caroline Audran. Elle et son équipe de l’Ouvre Boîtes 44 ont, en effet, été formés au Mind Mapping par Human Connect.
Leur objectif était de se doter d’outils plus efficaces pour l’interne, mais aussi plus clairs et créatifs pour présenter la coopérative dont la mission est d’accompagner les porteurs de projets désireux de tester leur concept avant de se lancer dans la création de leur propre structure.
«[L’open data] est un événement d’une ampleur comparable à l’apparition de l’alphabet qui, comme technique de publication, c’est à dire de rendu public, est au fondement de la res publica, tout comme à ce qui s’est déroulé après Gutenberg et la Réforme, généralisant l’accès à l’écriture imprimée et au savoir».
Cette phrase de Bernard Stiegler (utilisée, depuis, par la ville de Nantes dans ses présentations autour de l’Open Data, cf photo ci-contre) montre que l’open data, dont nous entendons de plus en plus parler, est un phénomène important, voire capital.
S’il est capital, il est aussi encore très flou pour beaucoup, et avant de comprendre ce que nous pouvons en faire, ce billet veut expliquer ce qu’est réellement l’Open Data, montrer où nous en sommes en France et dans le monde, expliquer les différents termes qui entourent cette notion, et nous arrêter sur les enjeux pour les municipalités.
Open Data : kezako ?
Première étape primordiale dans la compréhension de l’Open Data, il faut poser les bases et comprendre les premières définitions. Chez Human Connect, nous faisons intervenir des experts dès que possible si leur intervention, pour nos clients comme pour nos lecteurs est pertinente. Ainsi, nous préférons laisser la parole à Claire Gallon, de l’association LiberTIC (qui “a pour objectif de promouvoir l’ouverture des données publiques, l’e-démocratie, le gouvernement 2.0 et d’accompagner notre territoire dans le développement et l’utilisation d’applications numériques d’utilité publique”), nous expliquer ce qu’est l’Open Data, en moins de 2 minutes :
Néanmoins, maintenant que l’on sait que l’Open Data est la mise à disposition des données publiques, en faisant en sorte qu’elles soient réutilisables, nous nous posons une autre question : qu’est-ce qu’une donnée publique ? Là encore, Claire Gallon nous répond :
Open Data : l’état des lieux & enjeux pour les collectivités
Nous commençons, avec ces deux explications, à entrevoir l’intérêt de l’Open Data, et ses répercussions. Pour aller plus loin, nous devons donc nous demander où en est l’ouverture des données en France, et plus largement dans le monde :
Alors que nous voyons bien l’intérêt d’ouvrir les données, nous remarquons également que, finalement, peu de collectivités ont ouvert leurs données aujourd’hui. Cela relève souvent d’un manque de connaissance, alors que les enjeux sont très importants :
De son côté, Frédéric Vasse, en charge de la mission Open Data pour Nantes et Nantes Métropole, nous explique que cela remet grandement en question l’organisation même des services :
Cette organisation répond à un calendrier très serré pour Nantes :
Autre question pour les collectivités : le budget. Combien une collectivité (ici : Nantes) doit-elle dépenser pour ouvrir ses données ?
OpenData : pour quoi faire ?
Maintenant que l’on sait ce que c’est et ce que cela implique pour une collectivité, en terme d’organisation, de calendrier et de budget, nous nous demandons évidemment à quoi cela peut servir.
Pour mieux comprendre l’intérêt de l’Open Data, il faut maintenant quitter Nantes, où toutes ces vidéos ont été filmées (lors d’une journée dédiée à la Cantine Numérique) pour aller à Rennes, où les données ont été libérées l’année dernière.
En ouvrant ses données, Rennes à lancé un concours à destination des développeurs les incitant à développer les meilleurs applications possibles les utilisant. Les applications, toutes disponibles sur cette page, sont classables en 4 catégories :
Accessibilité
Ecomobilité
Pour les particuliers
Pour les entreprises
Un grand nombre d’entre elles tournent autour des transports en commun : savoir quel est l’arrêt le plus proche de soi, pouvoir construire des trajets en fonction de critères précis, construire des trajets en fonction de lieux touristiques à visiter, etc, etc. Les données de transport en commun sont en effet celles qui sont les plus demandées par les développeurs, conscients de l’immense attente des habitants.
Car c’est ça, au fond, l’immense intérêt de l’open data : offrir tous les outils nécessaires aux développeurs pour qu’ils développent des services supplémentaires pour les habitants d’un territoire, que la collectivité en charge de ce territoire n’aurait jamais pu développer elle même, par manque de temps ou de moyens humains et financiers.
Nous n’avons donc pas fini d’entendre parler de cette révolution, tant culturelle que technologique, qui devrait profiter à la fois aux collectivités (par la dynamisation de leur territoire) qu’aux habitants de ces territoires.
Human Connect suit évidemment tout cela de très près (et cet article a aussi pour but de vous en informer) pour pouvoir inclure dans ses produits et services le meilleur niveau d’information et d’innovation possible, en continuant d’affirmer notre attachement profond à l’ouverture et à l’open source, qui est au coeur de nos produits.
Nous parlons régulièrement sur ce blog «d’agilité». Or, dans l’un de nos métiers (le développement d’applications web collaboratives – nos autres compétences étant le conseil et la formation), l’agilité ou les méthodes agiles peuvent avoir une signification différente. Ce billet est donc l’occasion de faire le point sur ces deux termes.
Deux notions différentes ?
Dès le début de cet article, nous retombons dans une dichotomie très courante : organisation VS technique. Mais est-elle inévitable ?
Nous allons en effet voir que si en apparence ces deux termes ont des définitions différentes, elles répondent aux mêmes besoins : être efficace, être apprenant, capitaliser, mieux satisfaire ses clients.
Agilité organisationnelle
C’est celle que nous abordons régulièrement ici. Elle se base sur 3 piliers :
L’Intelligence Collective
Il est indispensable de capitaliser la connaissance de tous les collaborateurs. Cela permet, une fois centralisée et rendue exploitable, de répondre aux questions récurrentes, sans «réinventer la roue» à chaque fois.
Les TIC
Les nouvelles technologies proposent des instruments de réponse à ces questions toujours plus complexes, tout en sachant s’adapter et évoluer en fonction des besoins et des évolutions de l’entreprise elle-même.
L’amélioration continue des process
Bien réfléchie, l’amélioration continue des process permet d’optimiser tous les secteurs de l’entreprise. La productivité couplée à l’intelligence collective deviennent un outil puissant d’amélioration de la qualité
Pour résumer, l’agilité est donc la capacité, notamment grâce aux TIC, de lier intelligence collective et amélioration continue des process, pour améliorer la qualité des produits et services.
Elle est reconnue comme étant indispensable à la survie de l’entreprise et de son succès. Ainsi, IBM, par exemple, a publié un rapport intitulé «The Agile CFO», , téléchargeable dans son intégralité ici. Nous pouvons également citer Microsoft, qui édite un magazine «Entreprises Agiles» ou le cabinet Gartner qui juge l’agilité impérative.
Méthodes agiles
En parallèle, comme nous l’avons dit, nous entendons aussi beaucoup parler de «méthodes agiles», notamment lorsque l’on parle de développement informatique. Pour en savoir plus sur ces méthodes, nous sommes aller poser des questions à Vincent Jousse, de KNPLabs, entreprise nantaise crée il y a 2 ans spécialisée dans Symfony 2, un framework php libre, qui a publié récemment un long article à ce sujet :
On apprend ainsi dans cette vidéo (outre le fait que KNPLabs laisse au moins une demie-journée de libre à ses collaborateurs pour qu’ils contribuent à des projets open source) que les méthodes agiles sont le moyen le plus efficace pour mener à bien un projet informatique, en évitant l’effet «tunnel» ; un tel effet est bien connu des entreprises ayant régulièrement à travailler avec des prestataires informatiques classiques : on n’échange pas entre le cahier des charges et le rendu final, et on se retrouve avec un produit livré ne correspondant pas réellement aux besoins du client.
Les méthodes agiles permettent ainsi de communiquer de manière constante avec le client et donc d’être en phase avec ses besoins, et de livrer un logiciel qui marche et qui est mieux en adéquation avec les attentes du clients. Au quotidien, Vincent nous apprend que le post-it devient un outil majeur : sur chaque post-il est inscrit une «user story», une fonctionnalité de l’outil. Ces post-it sont affichés sur un mur, priorisés en fonction des besoins du clients, et divisés en 3 colonnes : à faire, en cours de réalisation, et terminé.
Des points réguliers (toute les deux semaines ici) sont réalisés avec le client, pour vérifier l’avancée du projet, et effectuer d’éventuelles modifications.
Ces points réguliers ont deux avantages :
Livrer quelque chose très régulièrement est motivant pour les équipes, qui gardent le rythme et se responsabilisent. Le management y gagne donc beaucoup !
Entre 2 rendez-vous, on ne s’autorise pas d’autres modifications. Cela permet d’avoir une vision claire et précise du projet.
Les ponts entre ces deux termes sont donc évidents : intelligence collective, amélioration continue, jalons réguliers, motivation des équipes, management amélioré… L’agilité et les méthodes agiles ne gagnent pas du terrain pour rien.
Il reste encore 2 obstacles à leur diffusion totale :
Les formations n’en parlent quasiment pas à leurs étudiants et restent figées, pour la plupart des écoles d’informatique, sur le sacro-saint cahier des charges
Les habitudes managériales qui ne pensent pas à voir l’innovation qui vient de la base des collaborateurs et qui ne modifient pas leurs process, qui ne sont pourtant souvent plus adaptés.