Ce que nous devons apprendre de la défense de la Neutralité du Net pour nos organisations

août 18 2010

A l’heure où la France, non contente du tollé de France.fr, se déchire autour de la Neutralité du net, il est intéressant de comparer ces discussions à celles que l’on peut avoir sur nos organisations.

Rappel des faits

Ce débat est né en France pendant celui sur la loi Internet et Création (plus connue sous le nom de la Haute Autorité qu’elle a créée, Hadopi). Quelques « gus dans un garage » nous ont alerté sur la possibilité que, sous couvert de « protéger les artistes », des dérives pourraient nous amener à un réseau filtré, cloisonné. L’exemple de la Chine est le plus célèbre, mais on peut également citer l’Iran, la Tunisie, ou la Nouvelle Zélande. Et pourquoi pas, bientôt, nous ?

Pourtant, nous n’en n’avions pas peur, jusqu’ici. C’est vrai, pouvez-vous imaginer que votre facteur lise votre courrier, puis choisisse si vous avez le droit de recevoir tel ou tel courrier ? Non, pas en 2010. Pourtant, c’est bien l’enjeu de cette Neutralité du net.

Je ne peux que vous conseiller d’aller lire la montagne d’articles parus chez ReadWriteWeb ou Numerama à ce sujet. C’est passionnant, et inquiétant.

Nos entreprises

Ce débat, qui s’est presque transformé en guerre, oppose aujourd’hui les lobbies (des fournisseurs d’accès, et des contenus culturels – cherchant à défendre un ancien modèle de revenus) et les défenseurs d’un réseau neutre, « simple » tuyau ne favorisant ou ne défavorisant un acteur d’aucune façon. Et là où le parallèle est frappant avec les entreprises, c’est que les premiers, ceux qui veulent rester figés dans leur ancien modèle, ceux qui ont peur du changement, usent de vieilles méthodes : lobbying, menaces, lois bancales, campagnes de (dés)information, promo tv… En face, les méthodes sont beaucoup plus collaboratives, à l’image de la dernière en date, marquante, de Christian Paul, député Socialiste, qui a planché sur un projet de loi, avant de le soumettre à la correction et à l’annotation de tous, sur co-ment. Le texte qui est en train d’être collectivement corrigé est donc un consensus des experts, utilisateurs, et acteurs (participants) et est impossible à contredire, prenant en compte chaque aspects du problème.

On retrouve aujourd’hui ces comportements dans l’entreprise. On a d’un côté ceux qui sont réfractaires au changement, qui en ont peur, qui veulent rester dans leurs anciens modèles de verticalisation du savoir, qui s’agrippent à leur information chèrement gagnée, et de l’autre ceux qui partagent, qui collaborent, qui mettent en place des outils de travail collaboratifs, des réseaux sociaux d’entreprise, pour mieux faire avancer la communauté.

La grosse différence entre ces deux sujets c’est que, concernant la Neutralité du net, ses détracteurs risquent, dans un premier temps, de remporter la bataille. Hadopi, Loppsi ou Acta, ainsi que les exemples étrangers, ont tendance à nous le montrer. Mais en entreprise, ce sont ces mêmes réfractaires qui perdront. Le problème, c’est qu’ils risquent, en mettant trop de barrières, de faire perdre toute leur entreprise…

Par Simon Robic.

Un commentaire

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