Applications : un danger pour le web mobile ?

Je ne vous apprendrai rien en vous disant que le marché des applications mobiles est l’un de ceux qui connaissent les plus fortes croissances ces derniers mois. Chaque service y va de son application.
Comme pour tout développement, le choix de la plateforme est primordial, car rares sont ceux qui peuvent se permettre d’acquérir et d’allouer des compétences à toutes les plateformes. Le nombre d’utilisateurs de la plateforme sera alors déterminant, et l’iPhone, parce qu’il a su démocratiser ces usages, est alors souvent le choix qui est fait.
Seulement, permettre d’accéder à son service uniquement via une application, compatible avec seulement un seul appareil, est peut être dangereux pour le web mobile.
En effet, si nous revenons un peu en arrière, il en était de même au début des navigateurs sur nos ordinateurs. Beaucoup de sites utilisaient des composants uniquement compatibles avec un seul navigateur, quand les services n’étaient pas proposés par le FAI lui-même qui avait développé son propre navigateur. La transition vers un web accessible à tous a été rendu possible grâce à la nature même du web : on va chercher les sites sur des serveurs, indépendants du navigateur que l’on utilise. Une modification faite sur ce serveur concerne tout le monde, et est donc unique et universelle. Le travail du W3C dans la conception et l’adoption de standards a joué un rôle capital.
En ce qui concerne les applications mobiles, le problème est différent puisqu’elles sont dépendantes de la plateforme sur laquelle elle tourne. Ainsi, même si les données sont externalisées, le seul moyen (souvent) d’y accéder n’est disponible que sur un mobile. Le problème est le même entre les applications Windows, Mac OS, ou Linux (même si des ponts existent).
Le mobile étant amené à représenter un pourcentage de plus en plus élevé de connexions, nous pourrions vite nous retrouver avec une inégalité de l’accès à l’information, à l’encontre du principe d’Internet.
Il existe une solution, la même que nous avons adopté sur nos ordinateurs : les navigateurs.
Webkit, moteur de rendu, est entrain de devenir un standard de facto sur les mobiles. C’est également celui qui supporte déjà le mieux les innovations apportées par HTML5 et CSS3. Les possibilités en terme d’interaction, d’ergonomie, de multimédia sont identiques aux applications.
Développer des versions web plutôt que des applications devraient être un choix naturel pour assurer la compatibilité avec toutes les plateformes, en réduisant les coûts de développement.
Mais pour cela, il faudrait trouver un système de monétisation rapportant autant que les marketplaces d’applications, là où le web tend à devenir toujours plus gratuit pour l’utilisateur final…



Toute la complexité de la question se trouve dans la dernière phrase… Quel intérêt (financier) pour une entreprise de favoriser le Web Mobile puisqu’elle a davantage de mal à y monétiser ses services… ?
[...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Simon Robic, Atlantic Management. Atlantic Management a dit: Blog AM : -> Applications : un danger pour le web mobile ? http://tr.im/T73l [...]
Excellent article qui reflète parfaitement ma pensée sur le sujet.
On en revient toujours à la monétisation, mais le web permet aussi de faire du micro-paiement de façon simple et rapide, utilisons la puissance du web pour développer en respectant des standards !
Avec HTML5 et CSS3 qui arrivent, les applications propriétaires n’auront, (en théorie, et de mon point de vue) plus l’avantage.
Il y a quelques années on faisait du code pour IE6, non standard et incompatible avec les autres navigateurs. Aujourd’hui on se plaint de devoir toujours bosser sur IE6… C’est de notre faute !
Ne refaisons pas les même erreurs, standardisons !